04-03-2019 : Coup de foudre en Croatie

 COUP DE FOUDRE EN CROATIE

 Mon Dieu mon Dieu mon Dieu...
Qu’est-ce qui m’a pris lorsque j’ai reçu l’e-mail de Johan nous proposant un trail à Rabac ? « Chouette ! J’ai toujours voulu aller en Croatie ! » me suis-je dit. Le jour-même je réponds donc « Ok ! I’m in ! » C’était sans compter sur une organisation digne d’un film de James Bond. Tout était parfait : transport (l’aller... lire plus loin pour le retour), logement, localisation de l’hôtel, la course qui ressemblait à une promenade touristique paradisiaque...
Alors que Ryanair annonce une possible grève pour le jour de notre départ, Johan se casse la tête pour nous trouver un plan B. Chacun réserve un autre vol, au cas où. Finalement, Ryanair a maintenu son vol et nous sommes arrivés à temps pour retirer nos dossards la veille de la course. Après un apéritif offert par Bert pour son anniversaire, nous partageons un repas plus que convenable à l’hôtel et sommes allés nous coucher à une heure tout à fait correcte.
 
Vient le jour J (29/09) du Valamar trail, « Ze Trail du siècle »
Johan, Luis et Edina partent à 8h pour 57 km de folie. Les « normaux » se lancent pour 31 km et les « raisonnables » pour 12 km. Au bout de 500 mètres, on se rend vite compte qu’on ne pourra pas faire un chrono. Ça monte, ça monte... ça ne fait que monter en fait ! Des cailloux qui roulent sous les baskets, des rochers qui viennent couper le dessous des pieds, des pierres qui nous font trébucher, des ronces agressives qui attaquent toutes les parties du corps, le vent qui se dit que ce serait une bonne blague de venir de face, et ces descentes complètement folles qui ne nous aident pas à prendre de la vitesse car en réalité, on voudrait revenir en Belgique vivants quand même.

Ce trail était l’épreuve la plus difficile que j’ai faite depuis que j’ai commencé à courir. Mentalement et physiquement. Pourtant, elle m’a apportée énormément. Pendant la course, j’ai papoté avec un traileur croate, qui me donnait des conseils sur la meilleure façon d’attaquer les descentes (j’avais chuté au km 17 dans une descente). Nous avons parcouru 2-3 km ensemble, avant de nous séparer. Plus le temps passait et plus le parcours semblait interminable. Pourtant, le paysage était incroyable. Entre la forêt, la mer, les bois, les montées, les descentes... le décor était fantastique.

 Au 25eme km se dresse un mur devant moi. Le truc de dingue, ça devait monter d’environ 97% (à peu près). Bon, j’exagère peut-être. Bref, impossible de courir, même pas de trottiner. Et là, telle la Marraine La Fée Bleue, Roisin apparaît devant moi. Elle n’avait pas de dossard parce que sa blessure l’empêchait de courir comme elle l’aurait voulu, mais elle avait décidé de faire le parcours des 31, à son rythme. Elle me voit complètement à l’agonie mais me demande tout de même de poser pour sa photo-souvenir. Si jamais il y a un sourire sur cette photo, c’est totalement fake. En réalité j’ai envie d’hurler « J’EN PEUX PLUS JE VEUX RENTRER À L’HÔTEL ET BOIRE UN APEROL SPRITZ », mais je n’ai même pas le courage d’aligner 3 mots les uns à la suite des autres. Roisin me rattrape en 3 secondes et me donne des conseils, en commençant par « Cours ! », ce à quoi j’ai répondu « Non ! » elle a dû me dire 14 fois de courir, mais entre mes gémissements et des mots qui ressemblaient à « j’y arrive plus », elle a réussi à me faire monter cette p***** de côte beaucoup plus rapidement que si j’avais été seule. Roisin a donc réussi sa mission « il faut sauver la joggeuse Hermange » haut-la-main et je lui dois une fière chandelle. Je la remercie beaucoup.

2 km avant l’arrivée, un traileur bien sympathique s’est mis à côté de moi et nous voilà partis en espérant apercevoir au loin le panneau « FINISH ».  Mes jambes se relancent lorsque j’aperçois Rudy et les premiers du club (déjà) arrivés qui crient « Allez Claiiiiiiire!!! », et finalement, FINALEMENT ! La fameuse ligne d’arrivée tant attendue. Les premiers mots qui arrivent en tête juste après sont « Plus jamais ça ! », et je n’étais pas la seule (il y en avait un qui a dit « I will not run ever again »). Mais... on est tous plus fous les uns que les autres et on sait très bien qu’on refera ce genre de course dès qu’on nous le proposera.
Une mention spéciale pour Luis, qui a terminé 13e dans le 57 km, et pour Angelo, 9e dans le 31 km.

La suite du programme n’est que mieux : apéritif, sortie running pour ceux qui n’en n’ont pas eu assez, piscine, repos... chacun fait ce qu’il veut, tout le monde y trouve son compte. Le soir chacun se regroupe pour le dîner et ça parle dans tous les sens, dans une ambiance qu’on ne retrouve dans aucun autre club de running. Une soirée dansante est prévue pour les coureurs du trail. Lorsque nous arrivons sur place, stupeur ! Personne ne danse. Heureusement, les membres du CACE et surtout sa gogo danseuse Edina (qui apparemment n’avait pas eu assez avec ses 57 km) mettent l’ambiance sur la piste et se déchaînent avec des drapeaux européens offerts par les organisateurs.
 
Le lendemain de la course, quelques-uns sont regroupés sur la plage à 8h.... absolument fabuleux de pouvoir nager fin septembre dans la mer, dans un décor de rêve. Et il y a ceux pour qui on ne peut rien y faire : ils courent... toujours. Matin, soir.... mais toujours cette ambiance formidable au sein du groupe. Ça rigole, ça chante, ça parle... Niall lance une grande idée : « Rendons-nous à pied au village situé à 5 km d’ici ! » Ah bah oui, génial ! Ce n’est pas comme si il y avait 500 mètres de dénivelé et nos crampes de la veille ! Bref, nous voilà tous partis à Labin. On refait une partie du parcours de la veille (tiens c’est marrant, il y avait plein de détails qui m’avaient échappés ! C’est mignon cette petite fontaine ! Elle était là hier ?), on marche comme des cow-boys et... on arrive au clocher (où il est écrit « interdiction de faire sonner la cloche », mais cette information n’avait pas dû être prise en considération par Enrique). On monte en haut du clocher et là : wow ! C’est superbe. Oui c’est beau, mais c’est l’heure d’aller manger une bonne spécialité croate, la fameuse.... pizza, qui nous a gentiment été offerte par Thierry pour fêter ses 60 ans. On verra le lendemain pour manger des vraies spécialités locales. La descente à pied se fait en 2 « clans ». Ceux qui repartent - avec Niall en chef scout - dans les tranchées de guerre et ceux qui reprennent la route. Fin d’après-midi et soir : apéro pour certains, running pour d’autres, les deux pour les « vrais », et le soir on se retrouve pour une bonne tranche de rigolade, autour d’une (ou 2.... ou 3) bière(s).
 
Lundi : dernier jour !  Quelques fous-furieux sont partis courir 11 km (y compris « I will not run ever again ») pendant que d’autres ronflent encore. À 8h on se voit sur la plage pour faire quelques brassées dans la mer et lui faire nos adieux. Petit-déjeuner (même Luis mange ! Alléluia) et le bus nous emmène direction Motovun où nous connaissons nos premières gouttes de pluie croates. Ville très sympa où tout le monde déguste des pâtes à la truffe accompagnées de « fakin » wine. Aucune vulgarité cachée là-dessous, c’est vraiment leur nom de famille. Après ce repas léger (où Luis a ENCORE mangé), nous partons direction Rovinj, qui est une ville juste superbe. Le guide nous conduit dans les petites rues, et jusqu’à l’église (il avait bien remarqué que beaucoup d’entre nous devaient se confesser), puis 30 minutes de temps libre ont été accordées (youhou !). La fin d’après-midi arrive vite, nous repartons vers Pula pour voir l’amphithéâtre rapidement car notre vol était prévu à 20h10.
Ça aurait été une bonne heure pour repartir, mais Ryanair nous annonce qu’un avion a eu un coup de foudre et que nous ne pourrons pas partir avant 00:45. Cela donne une bonne occasion pour quelques personnes d’entre nous pour jouer aux cartes et montrer qui est la patronne.

Il est bientôt 1h du matin et Rudy nous dit que nous allons bientôt partir.
Pour info il est 01:36. On ne partira pas avant.... Les écrans disent « undefined delay ».
Décollage à 02:50. Atterrissage à Charleroi à 04:15. Arrivée à la maison à 06h... ça pique aux yeux.
Une douche, un café, et direction le bureau.
 
Dans tous les cas, ce week-end prolongé était mémorable et je n’ai qu’une envie : que Johan envoie l’email pour le voyage de 2019.
 
(C & A)